Au cours des dernières années, les médias ont été fortement influencés par le code pénal, avec un nombre croissant de procès pénaux ayant un impact majeur sur la façon dont l’information est traitée et diffusée. Dans cet article, nous explorerons comment le code pénal a façonné différentes formes de médias et comment cette tendance n’est pas près de cesser.

Sommaire

Procès pénaux médiatisés et figures emblématiques

L’un des aspects les plus visibles du mariage entre le code pénal et les médias modernes est le traitement médiatique intensif de certaines affaires françaises durant leurs procès pénaux. Ces affaires impliquent souvent des personnalités publiques ou des circonstances particulièrement dramatiques qui génèrent une couverture massive des événements en question.

Forte présence dans la presse écrite et télévisuelle

Cette forte présence du code pénal dans nos journaux et notre télévision a conduit à une popularisation des termes juridiques relatifs au domaine pénal et à une meilleure compréhension de ces concepts par le grand public. Un exemple récent est l’affaire dite de « l’empoisonneuse dauphin », où les médias se sont intéressés de près aux procédures judiciaires, suscitant une véritable fascination pour ce type d’histoire.

Influence sur les émissions de télévision et les plateformes de streaming

Outre la couverture d’affaires judiciaires réelles, le code pénal et son influence sur les perceptions du grand public ont également été exploités par des créateurs de contenu pour attirer l’attention sur certaines émissions. Selon une étude réalisée en 2019, environ 25% des fictions françaises diffusées cette année-là abordaient des thèmes liés au système pénal.

L’objectif des médias modernes : informer ou divertir ?

De manière générale, on peut s’interroger sur les objectifs recherchés par les médias lorsqu’ils accordent une si grande place aux affaires pénales :

  • Sont-ils à la recherche de l’audience maximale afin de garantir leur viabilité financière ?
  • Ont-ils un but informatif avec pour mission d’éclairer le citoyen sur le fonctionnement du système juridique français ?
  • Considèrent-ils que ces histoires sont davantage des divertissements ayant vocation à captiver le téléspectateur plutôt qu’à le renseigner ?
  • Ou bien est-ce une simple manifestation du phénomène connu sous le nom de « média circus » où les médias suivent les tendances du moment sans discernement réel ?

Cette question est toujours débattue et chaque cas particulier peut présenter des motivations différentes, mais il est indéniable que le code pénal occupe aujourd’hui une place importante dans l’écosystème médiatique.

Les tensions entre médias et code pénal

Malgré la fascination apparente pour le monde judiciaire, les relations entre médias et code pénal ne sont pas toujours exemptes de contradictions ou de difficultés :

Juge et partie : la frontière ténue entre information et influence

Une des préoccupations majeures est la question de la présomption d’innocence, souvent mise à mal par certaines couvertures médiatiques tendant à effacer la limite entre information du public et désir de condamner publiquement les accusés. Cette situation peut créer des tensions entre le respect du droit à un procès équitable et l’influence que peuvent exercer les médias sur l’opinion publique lorsque les images et analyses au conditionnel peuvent parfois amener les spectateurs à se forger une opinion dès avant le jugement.

Le secret de l’instruction remis en cause

Par ailleurs, les médias cherchant à obtenir toujours plus d’informations exclusives pour satisfaire leurs lecteurs ou téléspectateurs peuvent aussi être amenés à outrepasser les règles strictes imposées par le code pénal, notamment en brisant le secret lié au déroulement de leur instruction. Cela peut entraîner des sanctions légales pour les médias concernés autant qu’altérer le bon déroulement d’une instruction en cours.

L’évolution du rapport entre médias et code pénal avec le développement du numérique

Outre ces tensions, le développement du numérique a également permis l’émergence de nouvelles formes d’influence du code pénal sur les médias modernes :

L’apparition des « Juritubers »

Avec la popularisation de YouTube et autres plateformes de vidéo en ligne, on a assisté à l’apparition des « Juritubers« , soit des vidéastes spécialisés dans le domaine juridique qui utilisent le format vidéo pour expliquer certains concepts ou commenter des décisions de justice. Ces vidéastes rencontrent un certain succès auprès des jeunes générations qui y voient une manière plus accessible et interactive de s’informer sur les problématiques pénales.

Les réseaux sociaux face au code pénal

Enfin, l’utilisation massive des réseaux sociaux a également fait entrer le code pénal dans une nouvelle ère : désormais, il n’est pas rare que certains événements judiciaires fassent l’objet de larges discussions et débats sur les réseaux sociaux avant même que les médias traditionnels ne relayent l’information. Cela a permis de donner une dimension supplémentaire à la notion de publicité des débats judiciaires, tout en accentuant la nécessité de protéger les droits des individus impliqués dans ces affaires.

Le code pénal et son influence croissante sur les médias modernes montrent bien que les enjeux entre droit et information sont aujourd’hui plus étroitement imbriqués que jamais. Les nouveaux développements technologiques offrent des possibilités de discussions et de diffusion d’informations toujours plus importantes, mais ils soulèvent également de nouvelles interrogations quant à leur impact sur le droit pénal et la vie privée.